ANALYSE DE L’ACTUALITE 1. Sommet de l’Asie orientale et rivalités nippo-chinoises 2. Report de la réforme de la loi sur la succession impériale 3. Le défi démographique du Japon 4. Affaire Livedoor : la chute d’un symbole et d’une idole POINTS DE VUE D’ACTUALITE Fujiwara Kiichi, « Reconstituer la diplomatie économique de l’Asie » l Yoshida Haruki, « Commencer par établir une communauté économique » l Hidaka Yoshiki, « Pourquoi a-t-on retiré les Marines d’Okinawa ? » l Nakanishi Shintarô « L’épanouissement d’un nationalisme japonais » l Harada Yutaka « La diminution de la population va renforcer le pays » l Kakibanashi Toshiaki, « L’impact de l’accroissement des écarts sociaux sur les ressources humaines ».
Information - inscription : japananalysis@centreasia.org
Extrait de Japan Analysis - La Lettre du Japon n°3, fév. 2006, p 5, d'après Asahi, Yomiuri, Kôseirôdôshô (ministère de la Santé publique et du Travail).
En 2005, le taux de fécondité (qui mesure le nombre d’enfants par femme de 15 à 49 ans) a été de 1,27 enfants par femme, et le nombre des décès a dépassé de 10 000 celui des naissances. Le gouvernement élabore par conséquent une politique familiale plus active…
En 2004 est adopté un troisième plan quinquennal (2005-2009) d’aide à la naissance et à l’éducation des enfants qui tend à améliorer l’autonomie financière des jeunes. En octobre 2005 est établie une nouvelle commission sur le vieillissement de la société (Shôshika shakai taisaku suishin kaigi) composée majoritairement d’experts. En octobre 2005, un ministre de la Dénatalité et de l’égalité hommes-femmes, Mme Inoguchi, est nommé pour la première fois et 145,7 Mds de yens (1,3 Mds euros) sont alloués à la politique des naissances au budget 2006.
Les allocations familiales ont été étendues aux enfants de 3 à 6 ans en 2000, puis à 9 ans en 2004 (sur proposition du Kômeitô). L’indemnité allouée est de 5000 yens par mois pour le premier et pour le deuxième enfant, et de 10 000 yens par mois à partir du troisième (pour les personnes soumises aux régimes sociaux généraux, kokumin nenkin pour les non-salariés et kôseinenkin, régime salarié).
Le gouvernement envisage actuellement l’augmentation et l’extension des aides à la naissance et à l’éducation des enfants ; une meilleure prise en charge des frais médicaux des nourrissons et enfants ; une diminution des impôts des classes d’âge susceptibles d’avoir des enfants ; la gratuité de l’accouchement ; un abaissement du coût des crèches et jardins d’enfants.
Il examine également les moyens de réconcilier vie de famille et travail : en rendant effective la prise de congés ; en augmentant le nombre de garderies, notamment en entreprise ; en mettant en place de nouvelles mesures pour faciliter le retour à l’emploi après une naissance. Début janvier, le gouvernement a ainsi assoupli les conditions d’exemption ou de réduction des frais de garderie dont bénéficient les ménages à revenus faibles ou moyens pour leur deuxième enfant[1]. Ces familles bénéficiaient d’une réduction de 40% des frais de crèche de leur deuxième enfant, si le premier se trouvait également en crèche. A partir du printemps prochain, la réduction sera de 90% si les deux enfants se trouvent en crèche en même temps, et de 60% dans le cas contraire. Le gouvernement envisage également de récompenser les entreprises offrant un cadre de travail plus compatible avec la vie de famille.
Comme dans beaucoup d’autres pays développés, les mentalités sont certainement appelées à évoluer : les femmes doivent se donner plus de mal que les hommes pour faire carrière bien qu’en théorie une carrière en entreprise leur soit désormais ouverte, et elles peinent à concilier travail et famille. Un sondage du gouvernement de 2004 révèle que la conception traditionnelle du rôle des femmes n’est plus dominante[2] : 45% trouvent que, dans le couple, la femme s’occupe du foyer et l’homme travaille dehors, 49% ne sont pas d’accord. 37,7% pensent qu’une femme doit continuer à travailler après avoir eu un enfant ; 36,6% qu’elle doit s’interrompre et reprendre quand il a grandi.
[1] Asahi, 13 janvier 2006.
[2] Danjokyôdosankakushakai ni kansuru seron chôsa.
Extrait de Japan Analysis - La Lettre du Japon n°3, fév. 2006, p. 10, d’après Sekai, mars 2006, pp.103-110.
* NDLR: Une erreur avait été faite sur ce prénom dans l’édition originale.
** Professeur à l’université de Kyoto.
Comment se fait-il que le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté au Japon ait augmenté ?
1. La conjoncture s’améliore, mais elle a longtemps été mauvaise. Le nombre de chômeurs sans revenus a augmenté, tandis que chez ceux qui conservaient leur emploi, beaucoup subissaient une baisse de revenu.
2. La part des emplois à mi-temps ou à durée déterminée a augmenté ; ces emplois concernent désormais le tiers de la population active, et sont cause de paupérisation des jeunes qui les occupent davantage. Il y aurait parmi les jeunes quatre millions de freeters et soixante mille NEETs[1].
3. Outre qu’en comparaison des autres pays développés, le salaire minimum est bas, il y a des personnes qui travaillent en dessous de son seuil, de sorte que bien qu’occupant un emploi, certaines personnes tombent sous le seuil de pauvreté.
4. Le vieillissement de la population s’accompagne d’une augmentation du nombre de personnes âgées dépourvues de soutien. La perte du conjoint entraîne parfois une baisse soudaine des pensions de retraite.
5. L’augmentation du taux de divorce conduit à une augmentation des femmes avec enfant à charge. 60% des foyers monoparentaux seraient sous le seuil de pauvreté selon mes calculs.
Les deux groupes dont les revenus sont les plus élevés aujourd’hui sont des cadres supérieurs d’entreprises (33%) et des médecins (15%). Viennent ensuite les cadres, gestionnaires et administrateurs, particulièrement en entreprise (11%). Parmi ces derniers, deux changements importants se sont produits : les salarymen d’entreprises industrielles sont désormais moins nombreux dans ce groupe que les personnes qui ont créé leur entreprise ; ce groupe s’est déplacé de l’industrie vers les services. Pour les hommes d’affaires comme pour les médecins, il est désormais plus intéressant de faire partie d’une petite structure. Les travailleurs japonais recherchent
[1] Les freeters vivent de petits boulots. Les NEETs ne sont ni employés, ni étudiants, ni en formation.



Français
English
