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Asia Centre - Centre Etudes Asie
Les points de rencontre de l'Asie avec les grands problèmes du monde
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Débats Asie: "Les relations sino-américaines: la nouvelle donne"

Le lundi 23 mars 2009 au CAPE (Centre d'Accueil de la Presse Etrangère)

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Quansheng Zhao

Débat en anglais avec

Quansheng Zhao, professeur à l’American University à Washington, DC

 

Animé par Agnès Gaudu, Courrier International / Asia Presse

 

Quansheng Zhao
est professeur en relations internationales et directeur du Centre for Asian Studies à l’American University à Washington DC. Il est aussi chercheur associé au Fairbank Center for East Asian Research à Harvard et coordinateur du Global Forum of Chinese Political Scientists. Diplômé des universités de Pékin (B.A) et de Berkeley (M.A. et Ph.D.) il est
actuellement professeur invité à l’université de Leyde aux Pays-Bas.

Expert en politique comparée et en relations internationales avec une spécialisation sur l’Asie orientale, Dr. Zhao est l’auteur de nombreux ouvrages, dont Interpreting Chinese Foreign Policy et a récemment codirigé l’édition de Managing the China Challenge – Global Perspectives, volume qui traite notamment des relations sinoaméricaines.

 

Information - inscription : debats.asie@centreasia.org

 

 

"Thailand: new political directions" Débats Asie 19 avec Kavi Chongkittavorn

Le mardi 10 février 2009 au CAPE (Centre d'Accueil de la Presse Etrangère)

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Kavi Chongkittavorn

Rencontre avec Kavi Chongkittavorn, Editorialiste à The Nation, Bangkok  animée par Sophie Boisseau du Rocher (Asia Centre) et Vincent Brossel (Asia Presse)

 

 

Kavi Chongkittavorn est le rédacteur en chef adjoint du Nation Media Group de Bangkok, qui publie notamment The Nation, l’un des plus importants journaux anglophones de Thaïlande. Journaliste depuis plus de vingt ans, M. Chongkittavorn a traité des sujets variés, touchant aux droits de l’homme, la démocratie et au régionalisme. Il a été chef de bureau à Phnom Penh de 1987 à 1988 et à Hanoï de 1989 à 1991. Il est l’ancien président de l’Association des Journalistes Thaï. M. Chongkittavorn assure actuellement la présidence du groupe régional de liberté des médias Southeast Asian Press Alliance et du jury du Guillermo Cano World Press Freedom Prize ainsi que la vice-présidence du Information for All Programme de l’Unesco.

 

Information - inscription : debats.asie@centreasia.org

Le jeudi 11 décembre 2008 au CAPE (Centre d'Accueil de la Presse Etrangère)

 

Pr. Roland DannreutherRencontre avec le Pr. Roland Dannreuther, Université d'Edinburgh, Professeur invité à Asia Centre

 

Cette 18ème rencontre s'est déroulée en anglais et a été 

Discuté par :

Didier Houssin, Directeur, chargé des marchés et de la sécurité énergétiques (AIE - Agence Internationale de l'Energie)

Ancien élève de l’ENA (promotion Solidarité) Didier Houssin a été directeur des matières premières et des hydrocarbures de 1998 à 2001, puis directeur des ressources énergétiques et minérales de 2001 à 2004 au ministère de l’économie, des finances et de l’industrie. Il était directeur général délégué du BRGM depuis 2004 et administrateur de l’Institut français du pétrole depuis 2006. 

 

Et présidé par :

François Godement, Directeur Asia Centre à Sciences Po / Senior Policy Fellow (ECFR - European Council on Foreign Relation)

 

Information - inscription : debats.asie@centreasia.org

 

En partenariat avec la Division Asie et la Chaire Moyen-Orient Méditerranée de Sciences Po.

Division Asie Sciences Po          Chaire Moyen-Orient Méditerranée 

  

Le vendredi 14 novembre 2008, de 18h30 à 20h00 à Sciences Po

 

 Dr. Sophie Boisseau du Rocher, M. Tran Sri Mohamed Jaward Hassan, M. Arnaud Rodier et Pr. Gilles KepelRencontre avec M. Tran Sri Mohamed Jaward Hassan

Chairman and Chief Executive Officer ISIS Malaysia

 

Cette 17ème rencontre a été animé en anglais

par le Pr. Gilles Kepel (Sciences Po, Chaire Moyen-Orient Méditerranée), Dr. Sophie Boisseau du Rocher (Asia Centre à Sciences Po) et Arnaud Rodier (Asia Presse - RFI)

 

Information - inscription : debats.asie@centreasia.org

Biographies :

 

Tan Sri Mohamed Jawhar Hassan

Tan Sri Mohamed Jawhar served with the government before he joined ISIS Malaysia as Deputy Director-General in May 1990. He was appointed Director-General in March 1997 and was subsequently appointed Chairman and CEO of ISIS Malaysia on 9 January, 2006. His positions in government included Director-General, Department of National Unity; Under-Secretary, Ministry of Home Affairs; Director (Analysis) Research Division, Prime Minister’s Department; and Principal Assistant Secretary, National Security Council. He also served as Counselor in the Malaysian Embassies in Indonesia and Thailand. Tan Sri Jawhar was Project Coordinator of Malaysia’s Master Plan on Knowledge-Based Economy. He also helped draft the Report of the Royal Commission to Enhance the Operation and Management of the Royal MalaysianPolice. Tan Sri Jawhar served as a member of Penang Knowledge Economy Information Communications Technology Council (K-ICT Council) since its inception. He was heavily involved in the formulation of the K-ICT Blueprint in support of the government’s goal of making Penang a fully developed state by 2010. Tan Sri Jawhar was also the lead drafter of the Islamic Development Bank’s Vision 1440 Hijrah document.

His other positions include: Member, National Economic Council; Member, National Unity Advisory Panel, Malaysia; Non-Executive Chairman, New Straits Times; Member of the Board of Directors, Media Prima Sdn. Bhd.; Co-Chair, Network of East Asia Think-tanks (NEAT) 2005-2006; and Chairman, Malaysian National Committee, Pacific Economic Cooperation Council (PECC). He is also presently Co-Chair, Council for Security Cooperation in the Asia Pacific (CSCAP) for a period of two years; Chair, ASEAN-ISIS (2007-2008); Expert and Eminent Person, for the purposes of the ASEAN Regional Forum (ARF) Register; and Distinguished Fellow, Institute of Diplomacy and Foreign Relations, Ministry of Foreign Affairs, Malaysia.

 

PR Gilles Kepel

(born 1955, Paris) is Professor  and Chair, Middle East and Mediterranean Studies, at the Institut d'Études Politiques de Paris (Sciences Po), where he heads the programs on the Arab and Muslim World, at the PhD, M.A.. and undergraduate levels – the later in Menton (French Riviera). He was also the founder in 2003 and is the current chairman of the Eurogolfe Network. A visiting professor at NYU and Columbia University in 1995-96, Gilles Kepel holds degrees in Arabic, English and Philosophy, is a graduate from Sciences Po and  received his PhD in political science.

He is a contributor to the Financial Times, Le Monde, La Repubblica, El Pais, Al Hayat, and a number of Arabic language and international newspapers. He is regularly interviewed on BBC radio and TV, CNN, Al Jazeera, Al Arabiyya, LBC and French and International channels. He frequently travels to North Africa, the Middle East, the Gulf, the US and Europe and is a member of the Board of Directors of the Social Science Research Council (New York) and of the Institute of the Arab World (IMA) located in Paris.

 

Dr. Sophie Boisseau du Rocher

After having completed her Doctorate Thesis in december 1996 (Institute of Political Science, Paris) on the Association of Southeast Asian Nations, Sophie Boisseau du Rocher has been pursuing her research on regionalism in East Asia, international relations in East Asia and on political and strategic evolutions in Southeast Asia. She is Senior Researcher of Asia Centre, Centre études Asie, and is regularly a consultant for the Minister of Defence and the Minister of Foreign Affairs. She is also a member of CSCAP Europe (Council on Security and Cooperation in Asia-Pacific), of ISEAS (Institute of Southeast Asia, Singapore) and IDSS (Institute of for Defence and Strategic Studies, Singapore). She contributes to many reviews. 

Le mercredi 25 juin 2008, de 18 heures à 19 h 30, au Centre d'accueil de la presse étrangère (CAPE).

 

Mark Leonard et François GodementMark Leonard a été directeur de la politique étrangère du Centre for European Reform et directeur du Foreign Policy Centre, think-tank qu’il a fondé avec l’appui de l’ancien Premier ministre Tony Blair. Il a séjourné à Washington, comme transatlantic fellow au German Marshall Fund, et à Pékin, où il a été chercheur invité à l'Académie des sciences sociales de Chine.

Il est l’auteur d’un grand nombre d'articles publiés notamment dans Time, Newsweek, The Guardian, The Independent, The Daily Telegraph, Prospect, The Spectator, New Statesman, Foreign Policy, The Washington Quarterly, Country Life, Arena, The Mirror , L'Express, The Sun, The Financial Times, The International Herald Tribune, The Wall Street Journal, The Economist, et Wired. Il a effectué des reportages pour le Financial Times Magazine et The Spectator – qui l'ont amené à tester les barbecues du Texas, à découvrir l'architecture d’avant-garde chinoise, ou à connaître les prisons d’Égypte.Agnès Gaudu, Mark Leonard et François Godement

Son premier livre, Pourquoi l'Europe dominera le XXIe siècle (avec Fortunato Israël), a été traduit en dix-huit langues. En février 2008 est paru son deuxième livre, Que pense la Chine ?, chez Fourth Estate au Royaume-Uni, Public Affairs aux États-Unis et Plon en France.

 

Cette 16e rencontre a été animé en anglais par Agnès Gaudu (Asia Presse, Courrier international) et François Godement (Asia Centre - Sciences Po, European Council on Foreign Relations)

 

Consultation enregistrement vidéo

 

Information - inscription : debats.asie@centreasia.org

Le lundi 23 juin 2008, de 18 heures à 19 h 30, au Centre d'accueil de la presse étrangère (CAPE).

 

Milton Osborne et Christine ChaumeauLe Dr Milton Osborne s’intéresse à l'Asie du Sud-est depuis plus de quarante ans. Il a occupé son premier poste dans la région à l'ambassade d'Australie à Phnom Penh en 1959. Diplômé des universités de Sydney et de Cornell, sa carrière universitaire l’a mené de l’Australie, au Royaume-Uni, aux États-Unis et à Singapour. En 1980 et 1981, il a été consultant auprès du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés sur la question des cambodgiens, le long de la frontière de la Thaïlande et du Cambodge. En 1982, il a notamment été directeur Asie au Bureau d’évaluation nationale australien. Depuis 1993, il est chercheur et consultant sur les questions asiatiques, et professeur associé à la faculté des études asiatiques de l'Australian National University. Auteur de neuf livres et de nombreux articles – Southeast Asia. An Introductory History (9e édition) – mais aussi d’autres ouvrages que sont : River Road to China. The Search for the Source of the Mekong et The Mekong. Turbulent Past, Uncertain Future.

 

Cette 15e rencontre a été animé en anglais par Guibourg Delamotte (Asia Centre) et Christine Chaumeau (Asia Presse)

 

Information - inscription : debats.asie@centreasia.org  

"La Chine en Afrique : une simple quête de ressources énergétiques ?" Débats Asie 13 avec M. WANG Hongyi, CIIS (China Institute of International Studies)

Le vendredi 18 avril 2008, de 18h30 à 20h00 au CAPE, Centre d'Accueil de la Presse Etrangère.

   

Rencontre avec M. WANG Hongyi

Directeur adjoint du département des études du monde en développement au CIIS (China Institute of International Studies) et secrétaire général du centre des études sur l’Afrique 

 

Wang Hongyi est chercheur à la CIIS depuis 1997. Il a été attaché politique à l’ambassade de Chine au Cameroun jusqu’en 2002 avant de revenir à la CIIS où ses recherches portent sur le développement du continent africain, les relations sino-africaines et la coopération énergétique entre la Chine et l’Afrique. Le China Institute of International Studies (CIIS), « think thank » dépendant du ministère chinois des Affaires Étrangères, s’est vu confié une mission d’étude sur les relations de la Chine avec l’Afrique.

 

Cette 13ème rencontre a été animé en français par François Godement (Asia Centre – Sciences Po) et Salil Sarkar (Asia Presse - RFI)

  

Information - inscription : debats.asie@centreasia.org

Sophie Malibeaux, Dr Bates Gill, Christophe CarleLe mercredi 5 mars 2008, de 18h30 à 20h00 au CAPE, Centre d'Accueil de la Presse Etrangère

 

Rencontre avec Dr Bates Gill

Directeur du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI)

 

Dr Gill est le premier citoyen, américain à être directeur du SIPRI. Le Dr Gill a occupé jusqu’en 2007 la chaire Freeman en études chinoises au Centre d’Etudes Stratégiques et Internationales (Freeman Chair in China Studies at the Center for Strategic and International Studies) à Washington DC.

Il a eu précédemment des responsabilités à la Brookings Institution où il fut le premier directeur du Centre d’Etudes politiques pour le Nord Est de l’Asie (Center for Northeast Asian Policy Studies), et au Centre pour les Etudes sur la Non prolifération à l’Institut Monterey d’Etudes Internationales (Center for Nonproliferation Studies of the Monterey Institute of International Studies).

Son livre le plus récent, publié en février 2007, s’intitule «  Une étoile montante : nouvelle diplomatie de sécurité chinoise » (Rising Star : China’s New Security Diplomacy / Brookings Press 2007)

 

Cette 11ème rencontre a été animé en anglais

par Sophie Malibeaux (RFI - Asia Presse) et Christophe Carle (Chercheur associé Asia Centre) 

   

Information - inscription : debats.asie@centreasia.org

      

Le mardi 17 octobre 2007, de 18h30 à 20h00 au CAPE, Centre d'Accueil de la Presse Etrangère.

 

A la suite du projet taiwanais d’organiser un référendum sur son adhésion à l’ONU, moins de six mois avant les élections présidentielles sur l’île et moins d’un an avant les jeux Olympiques à Pékin, les relations entre les deux rives sont traversées par de nouvelles tensions. M. Chang King-yu démêlera les fils de cette relation complexe, essentielle pour le maintien de la paix et de la stabilité en Asie Orientale.

 

Avant de diriger la FICS (Foundation on International and Cross-Strait Studies), M. Chang King-yu a été ministre de l’Information puis directeur de la commission aux affaires continentales du gouvernement taïwanais. Il a également dirigé l’institut des relations internationales de l’université nationale Chengchi de 1981 à 1984 et de 1987 à 1989, avant de présider l’université nationale Chengchi (1989-1994). M Chang King-yu est docteur en sciences politiques de l’université Columbia.

 

Cette 10ème rencontre a été animé en anglais par Agnès Gaudu (Courrier International - Asia Presse) et Mathieu Duchâtel (Asia Centre) 

 

Information - inscription : debats.asie@centreasia.org

L’enjeu de ce débat était de faire le point sur les tensions qui structurent les relations Chine-Taiwan et de réfléchir aux perspectives d’évolution du statu quo pour 2008.

 

Depuis la partition chinoise en 1949, le continent chinois et Taiwan ont connu des trajectoires politiques très différentes, et avec la démocratisation sur l’île et la montée en puissance de la Chine, leurs relations se sont complexifiées. A l’occasion du référendum sur l’ONU et des élections présidentielles prévues à Taiwan en mars 2008, la question des relations avec la Chine continentale est plus que jamais au coeur du débat politique. Un tour d’horizon de la situation actuelle permet de dégager quatre facteurs principaux de tension de part et d’autre du détroit.

 

L’intégration économique ne se traduit pas par un rapprochement politique :

Depuis les années 1980, les liens économiques entre les deux rives sont devenus tels qu’on peut parler désormais d’interdépendance. La RPC représente 25% des exportations taïwanaises, 100 milliards US$ d’investissement direct pour des millions d’emplois créés. Néanmoins la politique des deux pays reste préoccupée avant tout par les considérations diplomatico-militaires et stratégiques. A Taiwan, un divorce progressif s’observe entre les aspirations de la société civile qui recherche un maximum d’opportunités de contacts et d’échanges avec le continent et la politique du gouvernement, qui rappelle parfois les « trois non » de l’époque de Chiang Ching-kuo : pas de contacts, pas de négociation, pas de compromis.

 

La montée en puissance de la Chine est perçue par certains comme une menace :

La classe politique taïwanaise est divisée quant à la perception du développement de la Chine comme une opportunité ou une menace. Cette crainte est alimentée par l’image contradictoire que projette Pékin d’une libéralisation économique et culturelle sans véritable réforme politique. On peut relever un fort désir à Taiwan de voir les citoyens chinois du continent participer réellement à la vie politique, ce qui sans aucun doute favoriserait le rapprochement entre les deux rives.

 

L’absence de canaux de discussion entretient une défiance réciproque :

La méfiance chronique se traduit par une incompréhension relative des deux gouvernements l’un envers l’autre et d’une confiance mutuelle pratiquement nulle dans les intensions adverses. Du côté de Pékin, toute décision taïwanaise est jugée du point de vue du mouvement indépendantiste ; tandis que Taipei on se concentre sur la menace militaire chinoise, en particulier les mille missiles balistiques braqués sur l’île. Cette absence de canaux formels, malgré l’existence de l’Association for Relations Across the Taiwan Strait du côté chinois et la Strait Exchange Foundation (Taiwan), qui ne se parlent plus, a un impact important sur l’immobilisation de la situation.

 

L’internationalisation des enjeux multiplie les acteurs et la diversité des intérêts.

L’opposition Chine-Taiwan est depuis l’origine un problème régional, voire international. Au moins deux autres acteurs jouent déjà, ou joueront dans le futur, un rôle important : les Etats-Unis et le Japon. La RPC désire une réunification à long terme. L’unification est considérée comme indispensable pour s’affirmer sur la scène internationale. A court terme elle empêchera toute évolution de l’île qui rende possible une indépendance permanente. A ce titre, le référendum sur l’ONU est perçu comme le franchissement d’une ligne rouge. Le gouvernement de Taiwan revendique une indépendance de fait depuis 1912 et se considère donc comme l’égal du gouvernement communiste. Etant démocratique depuis une vingtaine d’année, il suit néanmoins les aspirations du peuple qui dans une vaste majorité se prononce pour la poursuite du statu quo. Les Etats-Unis sont depuis 1949 un parti prenant essentiel au problème. Ils jouent un rôle modérateur via leur politique de « double dissuasion » qui permet le maintien du statu quo.

 

De nombreuses questions ont ensuite été débattues :

 

Sur l’évolution récente du discours officiel chinois :

Les déclarations de Hu Jintao lors du XVIIe congrès du PCC ne constituent pas un changement de la politique de Pékin envers Taiwan (toujours fondée sur le « principe d’une seule chine »). On peut néanmoins en déduire la volonté positive du gouvernement chinois de ne pas envenimer la situation avant les élections taïwanaises de 2008.

 

Sur les risques que représente le référendum de 2008 pour la stabilité du statu quo :

Le référendum représente potentiel-lement un risque aux yeux de Pékin qui refuse que Taiwan soit considéré comme un Etat souverain. Quelque soit le résultat, on peut toutefois être optimiste dans la mesure où, même en cas de réponse positive, l’entrée de Taiwan à l’ONU reste très hypothétique à court ou moyen terme. De plus, il est probable que le changement de gouvernement et d’interlocuteur à Taipei l’année prochaine permette une amélioration des relations.

 

Sur la marginalisation de Taiwan face au développement fulgurant de la puissance économique chinoise :

Il ne faut pas concevoir les relations entre les deux Chines comme un jeu à somme nulle, mais comme une situation qui bénéficie aux deux partis. L’interdépendance économique est un avantage pour Taiwan, même si les relations politiques restent dégradées, et l’enrichissement du continent est dans l’intérêt des Taïwanais.

 

Sur la capacité de Taiwan à devenir un modèle de démocratie pour la RPC, et les évolutions récentes du débat sur la démocratie en RPC :

Taiwan pourrait et devrait agir davantage pour se présenter comme un modèle irréprochable de démocratie à l’intention du continent. Son influence sur les groupes pro-démocratie en RPC pourrait croître. A Pékin, le PCC tente d’injecter une dose de démocratie au sein des organes du Parti, mais cette démocratisation interne ne peut dissimuler le fait que son système est encore autoritaire. Les Taïwanais observent avec scepticisme l’idée chinoise que la « démocratie à l’occidentale » ne peut pas être appliquée en RPC.

 

Sur l’impact de la modernisation de l’APL dans la politique intérieure taïwanaise :

La menace militaire communiste est une question critique pour Taiwan. L’île à déjà accru ses capacités militaires mais la possibilité d’égaler l’APL n’est plus crédible. Ceux en faveur d’une augmentation plus importante de l’effort de défense sont minoritaires. C’est pourquoi le gouvernement se satisfait d’une doctrine de dissuasion minimum afin de convaincre la RPC de la contre productivité d’une attaque militaire contre Taiwan. Pékin aurait en outre beaucoup à perdre d’un tel scénario en raison des risques importants d’instabilité sur le territoire chinois et pour l’ordre international.

M.Koji Watanabe, Chercheur résident au JCIE (Japan Center for International Exchange), entouré de Sophie Malibeaux, RFI - Asia Presse, et Guibourg Delamotte, Asia CentreLe mercredi 23 mai 2007, de 18h00 à 19h30 au CAPE, Centre d'Accueil de la Presse Etrangère.

Pour ce neuvième « débats asie », animé par S. Malibeaux, (RFI / Asia Presse) et G. Delamotte, K. Watanabe a exposé et discuté son point de vue sur les principaux partenaires et enjeux japonais d’actualité.

Après un exposé des trois principaux défis auxquels le Japon doit faire face - la péninsule coréenne,Koji Watanabe et Guibourg Delamotte la question taïwanaise, la montée des nationalismes, de nombreuses questions ont ensuite été débattues : sur le rôle de Shinzô Abe dans l’amélioration des relations sino-japonaises, sur la crainte japonaise de voir Washington et Pékin devenir trop proches, sur le rôle stabilisateur des Etats-Unis dans la région, sur les réserves en dollars détenues par la Chine, sur le nationalisme de Shinzô Abe, sur la possibilité d’une arme nucléaire japonaise, sur la volonté du Japon de s’intégrer à l’Asie de l’Est ou au contraire de s’en démarquer ; enfin sur l’aide que pourrait accorder Tokyo à la Corée du Nord.

L’enjeu de ce débat était d’exposer un point de vue japonais sur les principaux enjeux de l’Asie orientale contemporaine.

 

L’Asie orientale doit désormais composer avec l’émergence de nouveaux acteurs aux ambitions non seulement régionales mais aussi mondiales, ce qui change la donne stratégique. Jusque la fin des années 90, l’Asie orientale ne comptait que trois acteurs principaux : la Chine, les Etats-Unis et le Japon. Il faut compter aujourd’hui avec l’Inde, l’ASEAN, la Russie, et aussi avec le multilatéralisme, par exemple l’APEC. Quelle est la place du Japon dans cette région en plein bouleversement au centre de l’échiquier mondial ?

 

Le Japon fait face à trois défis :

 

- La péninsule coréenne : En cas d’unification des deux Corée, quelles en seraient les conséquences pour le Japon. Le Japon est le plus concerné par la menace nord-coréenne. Si les pourparlers à Six aboutissent favorablement, et quoique le Japon n’en soit pas un des acteurs principaux, ce format de négociations pourrait être maintenu pour d’autres questions de sécurité.

 

- La question taïwanaise : Tokyo s’inquiète de la réaction chinoise en cas de déclaration d’indépendance de Taiwan. Pékin manque en effet de transparence quand à sa politique de défense, entretenant un flou volontaire sur le montant de son budget militaire et sur la qualité de ses armements et de ses installations. L’indépendance de Taiwan est pour l’instant en veilleuse, les Etats- Unis et la Chine voulant éviter de détériorer leurs relations réciproques.

 

- La montée des nationalismes : En Chine, Japon et Corée les nationalismes s’exacerbent et l’on assiste à un conflit entre nationalisme et internationalisme dans cette région en plein boom économique. Les visites au sanctuaire Yasukuni de M. Koizumi ont fortement contribué au regain de tension entre le Japon et ses voisins. L’extraordinaire croissance de la Chine a permis à Pékin de stabiliser ses relations avec tous les pays présents dans la zone à l’exception du Japon. Les explications sont non seulement historiques mais aussi, idéologiques. Après la défaite de 1945, le Japon a su se reconstruire économiquement et démocratiquement. Or le régime autoritaire chinois cache ces évolutions à son peuple, avec le souhait sous-jacent, à terme, de revenir au mythe de la Chine comme « l’Empire du milieu ». Les récentes visites de Shinzô Abe en Chine et de Wen Jiabao au Japon sont de grandes avancées pour le réchauffement des relations sino-japonaises, vis-à-vis desquelles, hors du dialogue, nous pouvons être optimistes.

 

De nombreuses questions ont ensuite été débattues :

 

Sur le rôle de Shinzô Abe dans l’amélioration des relations sinojaponaises :

Le maintien des visites au Yasukuni à l’époque de Koizumi empêchait Hu Jintao de se rapprocher du Japon, quoiqu’il en comprenne l’utilité. Qu’Abe n’ait toujours pas dit s’il irait ou non au sanctuaire Yasukuni, permet à la Chine et au Japon de discuter sans entrave d’enjeux importants tels que l’énergie, l’environnement ou le commerce.

 

Sur la crainte japonaise de voir Washington et Pékin devenir trop proches : 

Aussi longtemps que le Japon sera lié aux Etats-Unis de façon militaire et idéologique, ceux-ci seront obligés de considérer davantage le Japon que la Chine. Cependant, la Chine est le seul pays avec qui les Etats-Unis puissent engager un dialogue sur les questions nucléaires, et avec qui le Japon doit garder de bonnes relations pour des raisons de stabilité en Asie de l’Est, ce que se doivent donc de favoriser.

 

Sur le rôle stabilisateur des Etats-Unis dans la région :

La paix et la sécurité de l’Asie de l’Est dépendent à 95% des Etats-Unis. La Chine reconnaît l’importance des Etats- Unis et de l’alliance nippo-américaine. Tous les gouvernements de la région veulent rester en rapport amical avec les Etats-Unis, et ce malgré un certain antiaméricanisme observé dans les opinions publiques.

 

Sur les réserves en dollars détenues par la Chine :

La Chine a déjà commencé à les utiliser en investissements, quoiqu’en infime partie. La façon dont seront dépensés le reste des réserves devra être considérée avec beaucoup d’attention.

 

Sur le nationalisme de Shinzô Abe :

Abe est un conservateur. Il est né aprèsguerre et a une vision différente des relations sino-japonaises par rapport à ses prédécesseurs. Mais devant l’indéniable réussite de la Chine ces dernières années, Abe a compris qu’il devrait se montrer plus conciliant vis-à-vis de Pékin.

 

Sur la possibilité d’une arme nucléaire japonaise :

Le Japon a les moyens technologiques pour y parvenir mais cela l’isolerait sur le plan diplomatique. L’alliance nippoaméricaine serait fragilisée et Tokyo se heurterait à la désapprobation des paysmembres du TNP. Le Japon est attaché à ses 3 principes anti-nucléaires « ne pas produire, ne pas posséder et ne pas laisser entrer sur son territoire une arme nucléaire ». De plus une bombe japonaise déstabiliserait la sécurité mondiale car la communauté internationale pourrait difficilement interdire à d’autres pays ce qu’elle a accordé au Japon.

 

Sur la volonté du Japon de s’intégrer à l’Asie de l’Est ou au contraire de s’en démarquer :

La longue crise économique des années 90 pèse toujours sur le Japon bien qu’il bénéficie d’une excellente image dans le monde, si l’on excepte la Chine et la Corée. La Russie commence à nouer des liens de plus en plus étroits avec le Japon car elle a besoin de son savoir-faire technologique pour se développer, et la Chine sera d’ici 5 ans confrontée à ses problèmes internes qu’elle devra surmonter si elle veut rester dans la course avec le Japon.

 

Sur l’aide que pourrait accorder Tokyo à la Corée du Nord :

Le Japon fait partie des pourparlers à 6 mais la Corée du Nord ne veut traiter qu’avec les Etats-Unis et la Chine. Si les relations avec Pyongyang se normalisent, le Japon est prêt à donner une importante aide à la Corée du Nord. 

Alain Wang, Asia Presse et Lodi Gyari, Représentant spécial du Dalaï Lama Le jeudi 10 mai 2007, de 18h00 à 19h30 au CAPE, Centre d'Accueil de la Presse Etrangère.

Rencontre animée par A. Wang (Asia Presse) et F. Godement avec celui qui, après avoir présidé l’Assemblée des députés du peuple tibétain (créée en exil en 1960) et depuis 1988, le Département d’information de relations internationales du gouvernement en exil, mène les contacts avec le gouvernement chinois et préside la Campagne internationale pour le Tibet (Washington).

Dr Shashi Tharoor, Secrétaire Général Adjoint des Nations Unies, chargé de la communication (2002 - février 2007) Le vendredi 23 mars 2007, de 13h00 à 14h30 au CAPE, Centre d'Accueil de la Presse Etrangère.

Né à Londres, éduqué à Bombay, Calcutta et Delhi,

et titulaire d'un doctorat de la Fletcher School of Law and Diplomacy, Shashi Tharoor a commencé sa carrière de diplomate au Haut Commissariat des Nations Unies aux Réfugiés. Il a eu à traiter d'opérations de maintien de la paix en ex-Yougoslavie, a été assistant du Secrétaire général des Dr Shashi Tharoor, Secrétaire Général Adjoint des Nations Unies, chargé de la communication (2002 - février 2007) et Jean-Luc Racine, chercheur CNRS associé à Asia Centre Nations Unies, puis, jusqu'en 2007, secrétaire général adjoint des Nations Unies chargé de l'information et de la communication. Auteurs d'essais consacrés à la politique étrangère et à l'Inde, il est aussi chroniqueur dans la presse indienne et dans la presse internationale. Romancier, il a reçu entre autres le prix du Commonwealth. Ses romans, dont Le grand roman indien  et L'émeute, sont traduits en français aux Editions du Seuil, qui viennent de publier son essai L'Inde, d'un millénaire à l'autre, 1947-2007.

Cette rencontre a été animé par Jean-Luc Racine, chercheur CNRS associé à Asia Centre

debats.asie@centreasia.org

L’enjeu de cette table ronde était de déterminer le rôle de l’Inde dans et face à l’ordre mondial.

 

Comment aborder ce pays de la diversité et du pluralisme qui a choisi de devenir une démocratie à partis multiples, parfois corrompue et inefficace, certes, mais néanmoins fleurissante alors que la majorité des PVD opta pour des régimes autoritaires ?L’Inde est confrontée à quatre questions :

- pain ou liberté : La démocratie peut-elle mettre un terme à la pauvreté ou bien des problèmes inhérents lui interdisent-elle une croissance rapide ?

- centralisation ou fédéralisme : L’Inde, doit-elle être dirigée par un gouvernement central fort capable de transcender la diversité centrifuge ?

- fondamentalisme ou pluralisme : L’Inde peut-elle appliquer la laïcité inscrite dans sa constitution ou trouvera-t-elle refuge, comme d’autres pays en voie de développement, dans l’identité religieuse ?

- mondialisation  ou autonomie : L’Inde doit-elle choisir de s’intégrer davantage dans l’économie mondiale après avoir eu pour principe directeur depuis 1947, l’autosuffisance ?Dans la mesure où l’Inde représente 1/6 de la population mondiale, les choix que feront aujourd’hui les dirigeants indiens auront des répercussions sur l’ensemble de la planète.

 

L’apport le plus positif de l’Inde pour la communauté internationale du XXIe siècle réside dans son « soft power ». Reconnaître ses faiblesses sociales et économiques tout en revendiquant ses atouts aux yeux du monde : pluralisme et tolérance, médias libres, ONG exigeantes, discrimination positive envers les catégories déshéritées, justice indépendante, armée puissante qui n’a jamais cherché à menacer la démocratie ou à gouverner le pays, font de l’Inde un exemple, hélas trop rare parmi les PVD, d’une gestion de la diversité couronnée de succès.

 

De nombreuses questions ont ensuite été débattues :

 

Sur l’intérêt soudain pour l’Inde alors que ses atouts ont toujours existé?

Si l’Inde n’était pas absente de la scène internationale, la mondialisation a fait qu’on ne peut plus désormais ignorer l’Inde, d’autant qu’elle devenue beaucoup plus accessible grâce aux NTIC.

 

Sur la façon dont l’Inde essaye de redéfinir sa place dans l’ordre mondial avec une diplomatie tous azimuts pour  se rapprocher des Etats Unis tout en normalisant ses relations avec la Chine, et en maintenant des liens étroits avec la Russie ?

L’Inde ne doit pas s’affirmer comme le contrepoids de la Chine, car la compétition est déjà perdue : le seul adversaire encore en course pour la Chine sont les EU. Il s’agit donc pour l’Inde de conforter sa coopération bilatérale avec la Chine (augmentation de 100% par an des échanges commerciaux), même si des tensions perdurent (problème frontalier non résolu). Quant aux EU, la classe gouvernante indienne est convaincue de l’importance d’avoir avec eux de bonnes  relations (raisons stratégiques, commerciales, lutte contre le terrorisme et l’Islam intégriste).

 

Sur l’ambivalence de l’Inde dans ses relations à la fois Nord/Sud pour la question du Conseil de Sécurité et des relations Sud/Sud quand il s’agit de trouver de nouveaux modes de fonctionnement au sein de l’OMC.

Les pays qui ne bénéficieront pas de cette réforme de l’ONU n’ont aucun intérêt à la promouvoir et la résistance au sein de l’Assemblée Générale est donc forte. Mais une réforme du G8, pour y intégrer les nouvelles puissances économiques, parait quant à elle inévitable. Or la population mondiale veut-elle voir jouer à ce directoire de pays riches le rôle du Conseil de sécurité si ce dernier n’est pas réformé ?

 

Sur le rêve indien en matière de politique internationale : équilibre des puissances ou équilibre des intérêts ?

Les positions contradictoires de l’Inde entre celle anti-Washington tenue aux Nations Unies et celle pro-Washington tenue à New Delhi concernant ses intérêts globaux font de l’Inde un pays schizophrène en politique internationale.

 

Sur la nouvelle position de l’Inde aux côtés des EU et d’Israël après avoir été un véritable acteur du Tiers-Monde ?

Israël est devenu un fournisseur d’armes de l’Inde. Celle-ci n’abandonnera jamais ses racines et son esprit anticolonial ni ses principes, mais elle doit aussi considérer ses intérêts avec réalisme.

 

Sur le nationalisme hindou

C’est une attaque contre l’esprit civilisationnel de l’Inde et l’image que celle-ci cherche à défendre : il peut donc avoir des conséquences vraiment néfastes au niveau international, mais aussi interne. Mais les partis « hindouistes » n’ont jamais eu plus de 24% de voix. D’ailleurs on ne peut diriger un pays d’une telle diversité sur la base d’une identité nationale restreinte.

 

Sur la situation du Cachemire et le rôle de l’ ONU ?

Les observateurs militaires qui sont là depuis 1949 (UNMOGIP: Groupe d´observateurs militaires des Nations Unies dans l´Inde et le Pakistan)  n’ont pas grande possibilité d’action, d’autant plus que l’Inde ne voit pas de rôle pour l’ONU dans l’affaire du Cachemire. Mais le dialogue avec le Pakistan perdure. Si l’on peut promouvoir la normalisation entre ces deux pays et ces deux peuples, cela peut réduire considérablement les tensions.

 

Sur l’influence de la diaspora indienne dans la diffusion du soft power ?

Du « Brain Drain » d’il y a 10 ans, on parle aujourd’hui d’un « Brain Gain » : les « cerveaux » indiens, après leur succès en Occident revenant avec leurs idées et leurs capitaux pour investir en Inde. Aux EU, cette diaspora indienne a une influence politique indéniable et les politiciens américains doivent prendre en considération les souhaits de cet électorat riche et influent.

 

Sur la place de la Démocratie dans le soft power, à l’heure du discrédit de la diplomatie transformationniste des EU dû au bourbier irakien et du modèle alternatif du soft power chinois

La démocratie n’est pas un ornement, mais l’atout fondamental pour gérer la diversité de l’Inde. Dans une Inde autocrate, conserver une société unie serait irréalisable. D’un point de vue économique, la Chine a une efficacité supérieure indéniable, mais pour ceux qui croient au devoir de l’Etat de respecter tous ses habitants, on peut considérer que l’Inde n’est finalement pas un si mauvais exemple.

  

 

 

Bernhard Zepter, Sophie Boisseau du Rocher, Rodolfo.C.Severino et Olivier MonangeLe mercredi 14 février 2007, de 18h00 à 19h30 au CAPE, Centre d'Accueil de la Presse Etrangère.

Quelles orientations prendront l’ASEAN, l’ASEAN+3, l’ARF le sommet de l’Asie de l’Est etc... dans les prochaines années ? Quel type de relations avec l’UE ? Ce débat asie organisé avec l’ASEF dans le cadre de l’European Lecture Tour a permis de mettre en perspective deux expériences complémentaires du processus de régionalisation, européenne et asiatique. Plusieurs points ont ensuite été soulevés lors du débat animé par Any Bourrier et Bernhard ZepterA. Bourrier (RFI, Asia Presse), O. Monange (CNCCEF) et S. Boisseau du Rocher: le choix entre des « Etats-Unis d’Asie » et une « UE asiatique », l’accroissement de la convergence entre les intégrations européennes et asiatiques, la lassitude des Européens face à la sur-régulation de l’UE a contrario de la sous-régulation de l’ASEAN, la croissance de la Chine comme opportunité ou menace pour l’ASEAN, l’évolution des partenaires de l’ASEAN avec l’importance que prennent l’Inde, l’Australie et la Nouvelle-Zélande dans les sommets d’Asie de l’Est, le manque d’influence et de visibilité de l’Europe en Asie, les Etats-Unis comme facteur de la construction régionale de l’Asie de l’Est ; et enfin la possibilité pour l’UE et l’ASEAN de devenir des réalités politiques.

L’enjeu de cette table ronde était de mettre en perspective deux expériences complémentaires du processus de régionalisation, européenne et asiatique.

 

M. Bernhard Zepter, s’est demandé dans quelle mesure la régionalisation atténuait les effets néfastes de la mondialisation. Les spécificités et succès  européens (souveraineté partagée, Euro, structure fédéraliste), font de l’UE un partenaire économique très intéressant pour les pays asiatiques comme le souligne d’ailleurs l’accroissement de leurs relations. De son côté, l’UE s’intéresse de près à la façon dont le processus de régionalisation est perçu en Asie ; d’une part, parce que l’Asie orientale devient un pôle déterminant des circuits mondiaux, d’autre part parce que ce pôle présente pour le Vieux continent des opportunités mais aussi des risques en terme d’instabilité. Si l’UE a intérêt à traiter avec l’Asie, elle peut aussi l’aider dans ses efforts pour assurer cohésion et stabilité.

Selon M. Rodolfo C. Severino, malgré des processus différents d’intégration économique et de coopération politique, l’ « ASEAN+3 » et l’UE ont des objectifs similaires: recherche de bénéfices politiques et volonté d’éviter des conflits. Si le marché est l’élément qui dirige l’intégration en Asie, ce sont paradoxalement les rivalités stratégiques et animosités culturelles, exacerbées par les enjeux contemporains (nucléaire coréen, questions inter-détroits) qui ont entraîné la nécessité d’une coopération, même limitée. Grâce aux coopérations mises en place sous son égide (en matière monétaire et commerciale notamment), l’ASEAN+3 a permis à l’Asie de l’Est d’apparaître comme une entité régionale sur la scène internationale. Mais la régulation par voie institutionnelle et politique de l’organisation reste à achever. Or l’absence de valeurs ou de systèmes politiques similaires et des rivalités stratégiques persistantes, rendent peu probable la perspective pour l’Asie de l’Est de devenir semblable à l’UE. La régionalisation asiatique deviendra bénéfique pour tous lorsque l’ASEAN, qui reste la plus ancienne organisation dans la région (elle a été créée en 1967), aura montré l’exemple de rapprochements politiques durables et la mise en place de mécanismes institutionnels dotés de vrais pouvoirs.

 

Plusieurs points ont ensuite été soulevés lors du débat :

 

Sur le choix entre des « Etats-Unis d’Asie » et une « UE asiatique ».

M. Zepter  a poursuivi : Les intérêts communs ne naissent pas de la création d’institutions. Le processus de régionalisation n’est pas un plan préconçu, mais le fruit d’une lente évolution pour gagner la confiance de ses voisins et créer des bases communes qui permettent ensuite de traiter des questions litigieuses et des coopérations. L’accélération de l’élargissement de l’UE est la conséquence de décisions stratégiques prises par le passé.

 

Sur l’accroissement de la convergence entre les intégrations européennes et asiatiques.

M. Zepter : Cette recherche d’efficacité et de convergence est primordiale, mais doit se faire dans le respect des spécificités de chaque population pour qu’elle puisse ensuite accorder plus de flexibilité et de spontanéité aux institutions. M. Severino : l’aspiration asiatique de se diriger vers un modèle européen est réelle car les intérêts des pays asiatiques sont encore convergents, mais cela prendra du temps.

 

Sur la lassitude des Européens face à la sur-régulation de l’UE a contrario de la sous-régulation de l’ASEAN. 

M. Zepter : Il n’y a pas «over-regulation» de l’UE, mais des difficultés dans l’application des règles, en raison de la faible marge de manœuvre accordée par les Etats-membres qui refusent de donner une vraie capacité de pouvoir à la Commission. M. Severino : encore aujourd’hui, les pays membres de l’ASEAN n’ont pas une confiance mutuelle suffisante pour se soumettre à une autorité souveraine.

 

Sur la croissance de la Chine comme opportunité ou menace pour l’ASEAN.

M. Severino : La perspective de développement chinois et la réciprocité de ses relations constituent à court terme un véritable atout. Même si la Chine est le principal pays attracteurs de capitaux, elle investit dans les autres pays d’Asie.

 

Sur l’évolution des partenaires de l’ASEAN avec l’importance que prennent l’Inde, l’Australie et la Nouvelle-Zélande dans les sommets d’Asie de l’Est.

M. Severino : Le débat est ouvert entre le Japon qui souhaite un élargissement de l’ASEAN et la Chine qui veut la restreindre aux pays « mangeur-de-riz ». Il faut construire et parfaire l’ASEAN d’aujourd’hui pour ensuite coopérer avec d’autres si c’est à notre avantage. Comme l’a rappelé le sommet de Cebu (janvier 2007), la priorité pour l’ASEAN est de mettre en place des mécanismes institutionnels dotés de vrais pouvoirs. La Charte de l’ASEAN sur laquelle un groupe d’experts travaille pourrait permettre cette évolution.

 

Sur le manque d’influence et de visibilité de l’Europe en Asie.

M. Zepter : L’absence initiale d’intérêt européen pour l’Asie (au profit de l’Afrique et du Moyen-Orient) fut suivie d’une déconsidération de celle-ci dans son ensemble du fait de la priorité accordée à la relation bilatérale avec la Chine. Or il s’agit au contraire de considérer l’Asie comme une région globale et non à travers un partenariat exclusif, aussi prometteur soit-il.

 

Sur les Etats-Unis comme facteur de la construction régionale de l’Asie de l’Est ?

M. Severino : Si l’UE a été le premier interlocuteur de l’ASEAN, les EU ont été le partenaire principal de chacun des membres de l’ASEAN+3 et sont les premiers à avoir considéré cette organisation comme une entité régionale. L’économie américaine est intégrée à celle de l’Asie et la présence militaire américaine dans cette région constitue, en l’absence d’un mécanisme collectif, une source de stabilité.

 

Sur la possibilité pour l’UE et l’ASEAN de devenir des réalités politiques.

M. Severino : L’ASEAN n’est pas seulement une entité économique : elle est parvenue avec succès à prendre des positions communes sur des sujets sensibles. Il faut qu’elle poursuive dans cette voie et la Charte devrait l’aider. M. Zepter : L’identité européenne, indispensable au parachèvement de l’UE est, pour l’heure, une notion très abstraite et n’est pas considérée comme une valeur ajoutée à l’identité nationale. Seules la compréhension et la communication entre les Etats-membres permettront d’y parvenir.   

 

M. Jusuf Wanandi, Président du Centre d’Etudes Stratégiques et Internationales à Jakarta (CSIS) et du Jakarta Post.Le lundi 29 janvier 2007, de 18h30 à 20h00 au CAPE, Centre d'Accueil de la Presse Etrangère.

Cette rencontre animée par F. Godement et T. Cross (RFI, Asia Presse) a permis à J. Wanandi de débattre avec l’assistance du lien aujourd’hui nécessaire entre les niveaux nationaux, régionaux et globaux. Qu’il s’agisse des élections indonésiennes à Aceh, de l’ASEAN, des catastrophes naturelles ou du terrorisme.

 Débats Asie 2006 : le «Bilan 2006 et perspectives 2007» Le mardi 5 décembre 2006, de 19h à 20h30 au CAPE, Centre d'Accueil de la Presse Etrangère.

Après avoir suscité beaucoup d’intérêt et d’attente en tant que pôle majeur de la croissance mondiale, l’Asie orientale est entrée en 2006 dans une phase d’incertitudes : crise nord-coréenne, tensions entre Pékin et Tokyo, spasmes de la démocratie thaïlandaise... En dépit d’évolutions positives (Cachemire, Aceh...), des doutes apparaissent, nuançant l’importance de la région dans les équilibres mondiaux.

 Débats Asie 2006 : le «Bilan 2006 et perspectives 2007»

   

D. Vidal-Barri (Asia Presse – L’Humanité) et P. Bourrier (Conseiller de la France CCE) ont animé les débats autour de ces questions analysées par les principaux auteurs de l’Annuaire Asie - Édition 2006-2007 :

Corée du Nord : gestion d’une crise / Malaisie : un premier bilan pour Badawi / Les transitions sociopolitiques de la Chine à la Malaisie.

 Dr. Samina Ahmed, Directrice du programme Asie du Sud de l’International Crisis Group, IslamabadLe lundi 9 octobre 2006 au CAPE, Centre d'Accueil de la Presse Etrangère.

Rencontre avec la Dr. Samina Ahmed, Directrice du programme Asie du Sud de l’ICG à Islamabad, animée par Olivier Weber (le Point/Asia Presse), Thomas Gayet (CCE, Lafarge) et F. Godement.

Le Balouchistan fournit 40% des besoins énergétiques du Pakistan, avec des réserves très importantes en gaz et en pétrole, dont on a encore du mal aujourd’hui à estimer l’étendue. C’est pour Samina Ahmed le facteur principal qui explique la politique de contrôle par le centre menée par Islamabad au détriment de l’autonomie régionale. Ainsi, il s’agit d’un conflit politique autour de ressources et de droits, mais présenté aux étrangers comme un conflit entre un Etat et des structures tribales rebelles. Pour cette raison, le soutien au mouvement demandant plus d’autonomie en accord avec la Constitution du Pakistan dépasse les clivages ethniques dans la province; il est beaucoup plus large. Malheureusement, au Balouchistan, les seuls partenaires civils du régime de Musharraf sont les islamistes pachtounes, qui possèdent un autre agenda. Le général s’appuie sur le parti islamiste pachtoune Jamiat Ulema-e-Islam pour imposer son ordre à la province, en luttant contre les Baloutches, pourtant plus modérés. Il s’agit d’un choix politique qui contribue à l’instabilité en Afghanistan, et donc dans la région.

En remarques introductives, François Godement souligne que le Balouchistan pourrait être une “bombe à retardement cachée” pour l’unité du Pakistan, comme pour la stabilité du régime d’Islamabad. Aujourd’hui, dans de nombreuses régions du Balouchistan (43% du territoire du Pakistan et 6% de sa population, essentiellement des tribus Baloutches et Pachtounes), la guerre fait rage. Cependant, ce conflit est méconnu; les zones de combats étant complètement interdites aux médias par l’armée, il n’existe que peu d’informations sur l’étendue des opérations militaires qui ont pourtant causé de nombreuses pertes civiles. Le 26 août 2006, l’assassinat par l’armée fédérale de Nawab Abkhar Khan Bugti, ex-gouverneur du Balouchistan et ex-Ministre de l’intérieur du Pakistan, considéré par Islamabad comme un chef rebelle, a signifié une escalade du conflit. Selon Samina Ahmed, ce meurtre a eu un impact énorme. Avant la mort de Bugti, les discours sécessionnistes étaient très peu nombreux au Balouchistan; le mouvement se concentrait sur la revendication de droits dans le cadre de l’Etat pakistanais. Aujourd’hui, l’indépendantisme gagne du terrain. Causé par la rage, il pourrait être, selon Samina Ahmed, facilement contenu par une politique prenant plus en compte les intérêts de la population de la province. Pour cela, il est absolument nécessaire que le conflit soit compris par toutes les parties comme un conflit politique, et non comme un conflit tribal.

 

Du point de vue du gouvernement pakistanais, les incidents récents au Balouchistan sont provoqués par les leaders des différentes tribus Baloutches, qui selon le Président Musharaff, résistent au projet de développement régional qu’il tente de mettre en oeuvre dans la Province. Il estime qu’il suffit de changer les leaders des tribus pour résoudre les tensions provinciales. Samina Ahmed remarque que la question tribale est utilisée de manière très différente par le gouvernement pakistanais dans la Province FATA, où le gouvernement considère les tensions liées non pas aux structures tribales, mais à la présence de militants islamistes fondamentalistes. Ainsi, Islamabad considère que ce sont les chefs tribaux du FATA qui doivent être impliquées dans la résolution du conflit dans la région, une position absolument contraire à celle qui est la sienne dans le cas du Balouchistan.

 

Samina Ahmed estime que l’une des causes des tensions dans le FATA et au Balouchistan est l’utilisation par Islamabad des structures tribales pour affermir le contrôle du centre envers les Provinces. Le gouvernement pakistanais utilise les mêmes méthodes que les colonialistes britanniques, fonctionnant sur le principe de l’indirect rule, en changeant les chefs tribaux ou en les éliminant s’ils opposent de la résistance à l’Etat central. Les structures tribales ont donc été renforcées par l’Etat, aux dépens des droits civiques et politiques des populations vivant sous leur autorité. Cependant, elles deviennent immédiatement la cible de l’action militaire de l’Etat central en cas de conflit politique.

 

Au Balouchistan, la cause de la crise actuelle réside dans les demandes d’autonomie politique, administrative et fiscale d’une partie de la population. Cette autonomie, que la constitution pakistanaise lui garantit sur le papier, est inexistante en réalité. La nature de la résistance dans la province est liée au conflit en Afghanistan. Le Pakistan intervient dans les affaires afghanes depuis les années 50 en particulier parce qu’il craint le nationalisme pachtoune au Balouchistan, qui pourrait être instrumentalisée par l’Afghanistan, “terre des Pachtounes”, dans la mesure où Kaboul ne reconnaît toujours pas la ligne Durand. L’extrémisme pachtoune taliban n’existait pas dans les années 60 et 70, il est un produit de la guerre d’Afghanistan. Nourri par l’Etat pakistanais pour des raisons géopolitiques, il est aujourd’hui très présent au Balouchistan. L’un des cinq centres de commandes de la guérilla talibane en Afghanistan se trouve dans la région de Quetta, capitale du Balouchistan. Ils continuent à y monter leurs opérations en Afghanistan, comme à l’époque de la résistance contre l’invasion soviétique.

 

Le Balouchistan fournit 40% des besoins énergétiques du Pakistan, avec des réserves très importantes en gaz et en pétrole, dont on a encore du mal aujourd’hui à estimer l’étendue. C’est pour Samina Ahmed le facteur principal qui explique la politique de contrôle par le centre menée par Islamabad au détriment de l’autonomie régionale. Ainsi, il s’agit d’un conflit politique autour de ressources et de droits, mais présenté aux étrangers comme un conflit entre un Etat et des structures tribales rebelles. Pour cette raison, le soutien au mouvement demandant plus d’autonomie en accord avec la Constitution du Pakistan dépasse les clivages ethniques dans la province; il est beaucoup plus large. Malheureusement, au Balouchistan, les seuls partenaires civils du régime de Musharraf sont les islamistes pachtounes, qui possèdent un autre agenda. Le général s’appuie sur le parti islamiste pachtoune Jamiat Ulema-e-Islam pour imposer son ordre à la province, en luttant contre les Baloutches, pourtant plus modérés. Il s’agit d’un choix politique qui contribue à l’instabilité enAfghanistan, et donc dans la région._______________

1 Voir Pakistan: The Worsening Conflict in Baluchistan, International Crisis Group, Asia Report no 119, septembre 2006. En ligne sur www.crisisgroup.org

 M. Tadakatsu Sano, ancien Vice-Ministre aux affaires internationales, METI, of Counsel, Jones DayLe mardi 30 mai 2006 au CAPE, Centre d'Accueil de la Presse Etrangère. 

Rencontre animée par M. Meidan et A. Rodier (Le Figaro).

La reprise de l’économie japonaise, l’impact de la hausse du prix du pétrole sur celle-ci et les relations extérieures du Japon ont d’abord guidé l’introduction de cette rencontre. Le débat s’est ensuite orienté sur l’Asia Cooperation Dialogue Energy Forum ; sur les aspects sécuritaires liés à l’énergie, sur la rencontre de Bo Xilai avec Toshihiro Nikai pour un accord de pourparlers à haut niveau sur l’énergie ; sur l’OSC dont M. Sano considère qu’elle fait partie de la stratégie globale de la Chine, sur le nucléaire au Japon et enfi n sur l’effi cacité énergétique de la Chine et les énergies propres.

M. Tadakatsu Sano s’est tout d’abord exprimé sur le sujet en abordant trois grandes questions :

 

La reprise de l’économie japonaise dont il affirme qu’elle est réelle et qu’elle n’a pas provoqué d’effet inflationniste malgré le coût élevé du pétrole. M. Sano indique tout d’abord que l’abandon de la politique du taux d’intérêt zéro est imminent. Le Japon va commencer à augmenter son taux d’intérêt, avec pour conséquence de réduire la différence qu’il a avec celui des Etats-Unis. Une tendance qui, selon M. Sano, s’accentuera dans les années à venir. En conséquence, le Yen a connu une appréciation au mois d’avril 2006. M. Sano revient ensuite sur la bulle économique du Japon, qui s’est traduite par un surinvestissement destiné à empêcher l’appréciation du yen par rapport au dollar après les Accords du Plazza. Une politique monétaire austère a été mise en place afin de remédier à cette situation, ce qui a abouti à l’éclatement de la bulle économique japonaise en 1992. Suite à cet épisode, il y a eu au Japon une sorte de remise en question des stratégies aussi bien macroéconomiques que microéconomiques alors en vigueur. Selon M. Sano, le processus de la globalisation économique ainsi que la crise financière asiatique de 1997 ont eu un fort impact déflationniste sur le Japon, avec pour effet d’empêcher la restructuration financière et la restructuration des entreprises. L’Uruguay round de 1994, plus encore que le Doha round de 2001, a eu des conséquences importantes sur le Japon, lequel a dû mettre en place un certain nombre de réformes dans les années 1990. Par conséquent, le modèle de développement économique du Japon est aujourd’hui passé d’une politique économique libérale, en vigueur depuis 1945 et longtemps préconisée par le LDP, à une politique monétariste (« libertarian economic policy »).

 

L’impact de la hausse du prix du pétrole sur l’économie japonaise : M. Sano estime que le prix du pétrole restera élevé. Les principales compagnies pétrolières n’augmenteront pas leur quota de production et elles n’ont pas réussi à trouver de nouvelles réserves de pétrole. L’émergence de grands pays consommateurs d’énergie tels la Chine ou l’Inde pose également un problème à cet égard. M. Sano cite l’exemple de la Chine dont 80% de l’énergie provient encore du charbon mais qui importera de plus en plus d’énergie en provenance non seulement des pays du Golfe mais aussi des pays asiatiques. Selon M. Sano, la différence entre le prix du gaz naturel et le prix du pétrole sera de plus en plus ténue. M. Sano considère que le gaz naturel peut être une meilleure alternative au pétrole que les énergies renouvelables qui ne sont pas encore vraiment au point et qui restent plutôt marginales. M. Sano estime que le gaz liquide présente quant à lui des facilités de transport non négligeables. M. Sano affirme d’autre part que l’on peut remplacer le diesel, très pollueur. Il cite l’exemple du Japon, où des constructeurs automobiles comme Toyota ou Honda ont mis au point des véhicules hybrides. M. Sano exprime également son intérêt pour le DME (Diméthyl Ether), qui peut être aussi une alternative au diesel.

 

Les relations extérieures du Japon pour lesquelles il tient à relever les points positifs face à un bilan de M. Koizumi sévèrement critiqué. Tout d’abord, le Japon a su renforcer son alliance stratégique avec les Etats-Unis. Par ailleurs, le Japon continue de poursuivre une stratégie de partenariats économiques et commerciaux avec les pays asiatiques. Cependant, M. Sano note que la Chine est avance sur le Japon dans ce domaine, avec notamment l’accord de libre-échange ASEAN+Chine. Le Japon n’a pas encore su établir de solides partenariats commerciaux avec des pays comme la Thaïlande ou la Malaisie, alors que vers le mois d’octobre/novembre 2005 il était prévu de signer des accords allant dans ce sens. Mais M. Sano affirme qu’un résultat concret pourrait aboutir dans les six mois à venir. D’autre part, M. Sano évoque la question sensible des visites de M. Koizumi au temple de Yasukuni, qui attisent chaque année la colère de la Chine et de la Corée du Sud. M. Sano estime qu’il est nécessaire de rétablir des relations saines avec ces deux pays et que le prochain Premier ministre japonais devra relever le défi.

 

Plusieurs points ont ensuite été soulevés lors du débat :

 

Sur l’Asia Cooperation Dialogue Energy Forum : M. Sano estime qu’il s’agit d’un bon point de départ pour un échange de vues sur les questions énergétiques. Seuls le Japon et la Corée du Sud font partie de l’Agence Internationale de l’Energie et c’est en cela que ces deux pays, en particulier le Japon, peuvent partager leurs connaissances dans ce domaine. M. Sano pense que les pays asiatiques cherchent également à s’assurer des réserves suffisantes d’énergie dans la région.

 

Sur les aspects sécuritaires liés à l’énergie : Selon M. Sano, ce n’est pas parce que les pays d’Asie sont devenus des importateurs net de pétrole qu’ils se trouvent dans une situation de vulnérabilité. M. Sano se montre plutôt optimiste quant à cette question et insiste sur le fait que les risques sécuritaires ont toujours existé et que les pays concernés sont tout à fait capables de coopérer pour surmonter ce type d’obstacle.

 

Sur la rencontre Bo Xilai (ministre chinois du commerce) avec Toshihiro Nikai (ministre japonais du commerce) : M. Sano précise que Toshihiro Nikai est certainement celui qui souhaite le plus une amélioration des relations politiques entre le Japon et la Chine. M. Sano indique que les deux ministres se sont mis d’accord pour organiser des pourparlers à haut niveau sur les questions énergétiques.

 

Sur le Groupe de Coopération de Shanghai : M. Sano considère que ce type de forum international fait partie de la stratégie globale de la Chine, comme l’est. pour le secteur privé, le forum de Bo’ao.

 

Sur le nucléaire au Japon : M. Sano indique que le Japon possède à l’heure actuelle 53 sites nucléaires, auxquels il faut ajouter 3 sites en construction. L’énergie nucléaire représente le tiers de l’énergie totale du Japon, proportion qui selon lui n’augmentera pas de manière significative dans les années à venir.

 

Sur l’efficacité énergétique de la Chine : M. Sano considère qu’elle risque fort bien d’augmenter ses capacités de production d’énergie nucléaire mais qu’elle gagnerait à utiliser des énergies propres telles le DME ou encore le GTL (gaz liquéfié).

 

 M. Korsak Chairasmisak, vice-président, groupe CP, ThaïlandeLe vendredi 7 avril 2006 au CAPE, Centre d'Accueil de la Presse Etrangère.

Rencontre animée par F. Godement, P. Bourrier (CNCCEF) et P. Golub (Monde Diplomatique / Asia Presse). L’enjeu de cette table ronde était de permettre à un dirigeant asiatique de s’exprimer sur la « gouvernance d’entreprise », secteur où, jusqu’à présent, le modèle occidental domine, pour permettre de mettre en avant une perception originale sur le monde des affaires découlant d’un cheminement personnel pour le développement d’un leadership à la fois « sage et efficace ». Aux questions politiques posées, la capacité de Thaksin à mettre en oeuvre « la stabilité dans le changement » a été soulignée. Selon M. Chairasmisak, en politique comme en affaires, la performance tient peut-être davantage dans le « style de joueur » que dans les « règles du jeu ».

La rencontre, ouverte par M. François Sénémaud, directeur du CAPE, inaugure le cycle « Débat Asie », dont la vocation est de confronter des points de vues et de favoriser un échange d’idées entre différents acteurs engagés dans le monde asiatique : Chercheurs, économistes, politiques, hommes d’affaires, occidentaux ou asiatiques.

 

L’enjeu de cette table ronde était donc de permettre à un dirigeant asiatique de s’exprimer sur la « gouvernance d’entreprise », secteur où, jusqu’à présent, le modèle occidental domine. Après une brève présentation du personnage, M. François Godement, président d’Asia Centre, a invité M. Chairasmisak à évoquer son expérience d’homme d’affaire et sa vision des changements politiques actuels en Thaïlande : une expérience confirmée du business en Asie et un cheminement personnel l’ayant amené à développer sa propre gouvernance d’entreprise, un leadership à la fois « sage et efficace ».

 

Avec CP, il a participé à la création de l’une des premières JV en Chine à Shenzhen en 1979 et, depuis, le groupe n’a cessé d’investir en Chine, traversant et résistant aux soubresauts conjoncturels (Evènements de Tiananmen en 1989, crise financière de 1997). Par ailleurs, en tant que PDG de 7-eleven, il dirige 40000 employés sur plus de 3000 magasins qui accueillent tous les jours 4 millions de clients. Les clés de cette double réussite tiennent selon lui dans l’intelligence stratégique du groupe et son style de management centré sur les valeurs humaines.

 

Après cette introduction, les questions des invités présents, dont M. Wang, secrétaire général d’Asia Presse, M. Bourrier pour le CNCCEF, ainsi que M. Golub, journaliste au Monde Diplomatique ont encouragé M. Chairasmisak à étayer ses propos. Ainsi, son leadership s’inspire des fondements de la culture asiatique et de son expérience des techniques de management occidentales. Sa théorie et sa mise en pratique repose sur une réflexion syncrétique des différents courants de pensée qui ont façonné l’histoire asiatique. De Confucius et du Taoïsme, il tire sa vision humaine de la gouvernance. Du jeu de Go et de « l’Art de la Guerre », il élabore son intelligence stratégique.

 

Répondant à l’assistance, M. Chairasmisak a explicité sa conception de la guerre économique par le jeu de Go. Ainsi, pour réussir, il faut apprendre à « vaincre sans désirer vaincre », et ne pas vouloir gagner toutes les batailles. Le bon stratège est celui qui ne gaspille pas son énergie et ses ressources pour écraser l’adversaire. Dans un jeu, chaque participant désire gagner, mais la vraie victoire est celle qui permet d’atteindre son objectif « en dépassant son adversaire sans le détruire ». Le jeu de Go se rapproche de l’Art de la guerre de Sunzi, « un livre qui ne dit pas comment vaincre mais comment éviter la guerre ».

 

Comme l’a fait remarquer une auditrice, cette vision philanthrope et pacifiste, part nécessairement de l’idée optimiste d’un l’homme naturellement bon. Pour M. Chairasmisak, sa vision du leadership découle justement de là. A la différence des entreprises occidentales qui recherchent « le profit maximal », il considère qu’une entreprise asiatique doit rechercher un « profit optimal » : rechercher le profit idéal dans le respect du personnel et la création d’une atmosphère de travail positive. Ainsi les employés de 7-Eleven sont traités de manière à se sentir « chez eux », en confiance, et à se perfectionner grâce aux formations en alternance mises à disposition des jeunes employés non qualifiés. Aussi, ceux-là mêmes ont des responsabilités, un rôle à jouer, et chacun peut évoluer au sein de l’entreprise. Sans tomber dans le paternalisme, l’entreprise mise alors sur le bien-être des employés pour un profit intelligent.

 

Malgré des influences profondément ancrées dans la culture asiatique, M. Chairasmisak ne rejette pas le management à l’occidental. Il veut au contraire jouer de leurs complémentarités pour trouver « de nouveaux chemins de performance ». Si un management de style asiatique lui semble nécessaire pour gérer des employés de la région qui auraient du mal à comprendre la manière occidentale, il lui paraît essentiel d’intégrer les techniques de gestion d’entreprise éprouvées en occident. Il revient aux asiatiques ayant étudié ou travaillé à l’étranger de mêler ce savoir à « l’Asian Style » et de faire de cette synergie une valeur ajoutée.

 

Selon M. Chairasmisak les modèles à suivre en matière de management pourraient être le Hong Kongais Li Kashing, très admiré en Asie, et, en Europe, l’entreprise Prokter & Gamble pour sa gestion clairvoyante des ressources humaines.

 

Enfin, sous l’impulsion de F. Godement et de Sophie Boisseau du Rocher, M. Chairasmisak a également évoqué l’actuelle situation politique en Thaïlande et la personnalité de l’ex-premier ministre Thaksin. Réservé et prudent sur les questions politiques, il a tout de même souligné la capacité de Thaksin à s’adapter aux changements, à mettre en œuvre « la stabilité dans le changement ». Revenant sur le thème du leadership, son domaine de prédilection, il a salué le style particulier de Thaksin, ancien homme d’affaire, pour diriger le pays. Selon M. Chairasmisak, en politique comme en affaires, la performance tient peut-être davantage dans le « style de joueur » que dans les « règles du jeu ».

 

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